Ex’Pau – Cinq artistes au château !


- Des pots de fleurs ?

- Non, des terres cuites !

-Des pots de fleurs quoi !

-Noon, des t-e-r-r-e-s  c-u-i-t-e-s.

-Mouais des pots fleurs…

-En fait, ce sont des grès !

-Des pots de fleurs en grès ?

-Si tu veux, des pots de fleurs, des pots de fleurs avec lesquels tu ne feras jamais rien pousser. Si ! Tu y feras pousser ton goût pour la fragilité qu’ils dégagent, ton goût pour cette patine si particulière, si soyeuse, ton goût pour ces formes si vraies, si naturelles. De toute façon, Bertrand Garimbay fait ça avec amour et passion et ça se voit. Tu n’as qu’à l’écouter parler du craquement des émaux lorsqu’ils sortent du four pour comprendre. Puis, même, sans explication, je ne sais pas moi, ça se voit. Par contre, là bas, un peu plus loin, vers le fond, oui, là, à droite, tu vois ces toiles, pas vraiment lumineuses, pas vraiment ternes non plus. Elles sont faites par Françoise Peytier. Le style de cette tour Eiffel ! Comme dessinée par un enfant qui aurait l’assurance d’un adulte, ben, je trouve ça curieux. Tout aussi curieux que ces pièces de décoration présentées comme sculptures. Regarde, la coupe à fruit, elle est faite en bois bicolore, une tranche claire, une tranche foncée, une claire, une foncée, une sorte de lamé-lé collé, on dirait une adaptation du petit sceau Ikéa dans lequel tu as mis ta fleur de douche dans la salle de bain. Tiens, il utilise la même technique pour ce pied de lampe. Il me semblait que même les boutiques déco avaient évacué ce style. Ici, tu es dans le repère de Marcel Tambourin. Et là, tout au fond, tu vois ces corps tout en nuance de gris sur fond pourpre ? Elles sont réalisées par Sonia Metge. Les femmes nues peintes par les femmes de blouse vêtues… Je trouve ça toujours plus joli,  plus glamour, plus vrai. Probablement parce qu’elles sont moins « sexualisée ». Leur point de vue me semble plus neutre. A regarder ces tableaux sont plus reposants. Et même si ce rouge pourpre qui a le rendu du plus joli des velours, fait tout de suite penser aux riches tapisseries d’un boudoir, ben, c’est doux et ça relève parfaitement le gris nuancé qui fait émerger les courbes des corps dénudés. Pour finir, ici, sur ta gauche, c’est Françoise Bolloré qui expose d’anciennes œuvres dont une si charmante sur un triangle en bois, mais aussi un tableau à dominante blanche. On regrettera la petitesse de la salle, qui ne lui permet pas d’exposer ces grands formats si envoutants.

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